• inventaire topographique
présentation de la commune de Cristinacce
Copyright
  • (c) Collectivité de Corse

Dossier non géolocalisé

  • Aires d'études
    Deux-Sevi (Les)
  • Adresse
    • Commune : Cristinacce

La tradition populaire veut que Cristinacce ait été créé au Moyen-Âge par trois frères Versini, bergers venus du Niolu. Jusqu'au XVe siècle, "les Cristinacce" étaient composés de sept hameaux, qui furent brûlés en 1460 par les Génois, en répression d'une révolte fomentée par le seigneur local Giovan Paolo de Leca. Le village est probablement reconstruit vers 1480 à l'endroit actuel, comme semble l'indiquer un document de 1485 sur la réorganisation du canton après ces années de troubles. Au XVIe siècle, les incursions barbaresques déciment à nouveau les populations : en 1550, lors de ces incursions, le village voisin d'Evisa est pillé et 80 hommes sont faits esclaves. L'un d'entre eux, un certain Versini de Cristinacce revient miraculeusement au village après de nombreuses années d'exil. Sur le Plan Terrier, en 1784, on peut voir qu'au quatrième quart du 18e siècle, Cristinacce et Tasso étaient deux communautés distinctes. Ce hameau abandonné serait le pays natif de Gian Paolo de Leca, le grand feudataire du Moyen-Age. En 1856, la population de Cristinacce est de 415 habitants avec 390 en village et 25 à Tasso. En juillet 1882, la commune a projeté la construction d'un groupe scolaire et fait réaliser des plans par un agent des Ponts et Chaussées. Cristinacce a depuis le 20e siècle perdu une importante part de sa population, malgré le développement du tourisme. Au cours du 20e siècle, la population n'a cessé de diminuer, les habitants ayant connu deux guerres successives, et se dirigeant vers les villes et s'expatriant vers les pays du Maghreb et la France afin d'exercer des métiers administratifs. En 2020, la commune compte 67 habitants, soit une augmentation de 19,64 % par rapport à 2014.

Cristinacce est une commune française située dans la circonscription départementale de la Corse-du-Sud et le territoire de la Collectivité de Corse. Elle appartient à l'ancienne piève de Sevidentro, dans les Deux-Sevi. Les communes limitrophes de Cristinacce sont Renno au sud, Marignana à l'ouest, Evisa au nord et Chidazzo au nord-ouest. Le village est construit sur un mamelon rocheux à 830 m d'altitude, dans la vallée de la Tavulella, au pied du col de Sevi. Le village domine le golfe de Porto. Il s'inscrit dans une végétation de chênes et de châtaigniers. On dénombre une cinquantaine de maisons en village dont la majorité n'est aujourd'hui habitée que l'été. L'église paroissiale est dédiée à l'Assomption. Elle a repris le titre d'une plus ancienne église. Cette église est commencée en 1860 et le clocher est terminé en 1901. En 1863, quatre moulins sont en activité (A. T. - 6 M 1021). On en dénombre seulement deux en mai 1906 (A. T. - 6 M 1039). Dans le hameau abandonné de Tasso, on compte une dizaine de maisons à l'état de ruine ainsi que l'église Saint-Pierre et Saint-Paul. Le village a toujours été une commune agricole. Il est entouré de châtaigneraies qui ont assuré jusqu'à présent, avec l'élevage porcin, ovin ainsi que les jardins, l'essentiel de l'économie de cette région. La commune compte quatre moulins à farine et à foulon en ruines en-dessous de Tasso, aux lieux-dits Molino et Tegghie. Cristinacce se situe tout près de la forêt d'Aitone ; or cette forêt riche en pins Larici, sapins et hêtres a de tout temps été considérée comme d'un grand intérêt. Toutefois, l'absence de voies d'accès a freiné son exploitation. Au 17e siècle, les Génois décident de tracer une route pour rejoindre le port de Sagone par Cristinacce et le col de Sevi. Les travaux de cette route débutent en 1662 et s'achèvent en 1664. C'est à cette période que le premier pont génois est construit à l'entrée du village sur la rivière Tavulella. On peut distinguer aujourd'hui l'arche encore intacte de ce pont, sur laquelle repose tout l'édifice. La route fait l'objet de nouveaux travaux de viabilisation en 1820. C'est alors que le niveau du pont est rehaussé au moyen de deux culées aux abords et de deux piliers intermédiaires, destinés à supporter trois travées en charpente. En 1856, le pont est entièrement rénové : trois petites arcades en maçonnerie sont construites sur la vieille voûte génoise, les travées aux abords sont comblées par des murs, la chaussée est pavée et des parapets sont installés. Les sources qui alimentent en eau le village sont abondantes. L'une d'entre elles, nommée Saubuchelli, qui alimente la fontaine publique (construite au 20e siècle) est reconnue posséder des vertus thermales.

  • Relevé J. J. Luciani

  • Manuscrit de Monseigneur Spinola, 1686

    BU, Gênes : B. VIII
Date(s) d'enquête : 2023; Date(s) de rédaction : 1997, 2023